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1er mai 1936, fête de l'unité syndicale retrouvée
1er mai 1936, fête de l'unité syndicale retrouvée

À xxxxxxxxxx 

Dès l’entre-deux-guerres, le mouvement communiste entend recruter et fédérer parmi les femmes éloignées de la sphère militante et partisane traditionnelle. Pour ce faire, il essaie de mobiliser les femmes sur plusieurs terrains en dehors du lieu de travail, notamment par le biais d’organisations satellites féminines.

Ces tentatives de mobilisation des femmes hors des mondes du travail, souvent comprises comme les ménagères, c’est-à-dire les femmes sans profession ou au foyer, sont appuyées par une rhétorique familialiste. Cette rhétorique valorise et essentialise l’identité maritale et maternelle des femmes communistes, elle est présente dans le discours communiste depuis le milieu des années 1930. Par exemple, dans le film La Vie est à Nous réalisé par Jean Renoir en 1936, Martha Desrumaux s’exprime au nom des mères de famille et s’exclame : « Rassemblez-vous pour sauver votre foyer en sauvant la paix ! ». Dans l’après Seconde Guerre Mondiale, elle s’inscrit dans un souci de repeuplement du pays et de lutte antimilitariste, appréhendée comme une qualité intrinsèquement féminine. Dans le film consacré au deuxième congrès de l’Union des Femmes Françaises en 1946, Eugénie Cotton, présidente de cette organisation satellite de masse, fait une déclaration dans cet esprit : « ce sont pour leurs enfants, pour leurs foyers, pour les enfants de toute la Terre, que travaillent, que vibrent, que luttent ces 2500 déléguées ». Comme le souligne Sandra Fayolle, politiste, ces revendications familialistes sont aussi un moyen d’amener des femmes éloignées des espaces partisans et syndicaux.

 

Les organisations communistes féminines regroupent aussi des modalités d’action pacifistes. De telles modalités sont présentes dans l’entre-deux-guerres et sont portées par des organisations satellites comme l’Union des Femmes Contre la Guerre Impérialiste entre 1927 et 1934, ou encore le Comité Mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme, organisation de masse créée en 1934. Elles s’inscrivent dans la continuité d’une division sexuée traditionnelle du travail militant. Si le combat anticolonial fait partie des luttes et des revendications portées par les organisations satellites féminines dans l’avant-guerre, il est directement indexé au répertoire d’action mobilisé par les femmes communistes après 1945. Ce combat anticolonial s’inscrit dans une perspective internationale et il est par ailleurs porté par la Fédération démocratique internationale des femmes, organisation internationale féminine créée en 1945 dont la première présidente est Eugénie Cotton. Dans le film du Congrès International des Femmes de Moscou de 1946, réalisé par Esther Choub, met en scène une session de travail de la Fédération démocratique internationale des femmes qui prend place en Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). À des images rappelant la doctrine familialiste communiste - les militantes sont mises en scène visitant une crèche, sont mêlées des interventions des militantes évoquant le combat anticolonial. Ainsi, il est possible de voir Vivia Maesson s’exprimer sur le sort des femmes en milieu colonisé, et de noter la présence de Madame Jay Kitchery Handu de l’organisation des femmes hindoues.

Mot d'ordre unitaire, 1er mai 1983
Mot d'ordre unitaire, 1er mai 1983 (Robert Laudereau, 1983)

Des militants algériens du MTLD lors du défilé du 1er mai 1951
Des militants algériens du MTLD lors du défilé du 1er mai 1951 (1er mai 1951 ; anonyme, 1951)

Une structure abri 

Enfin, dans un contexte d’après-guerre où les femmes ont accès à des mandats électoraux, la question de la place politique des femmes dans les territoires rouges communistes, notamment les banlieues rouges, est particulièrement importante. Cette question était déjà importante dans l’entre-deux-guerres, où le mouvement communiste lutte pour l’obtention du suffrage féminin, avec l’élection en 1925 de conseillères municipales, une première en France. Parmi ces conseillères on peut citer Marthe Tesson à Bobigny, Joséphine Pencalet à Douarnenez ou encore Augustine Variot à Malakoff. Dans l’après-guerre, les femmes sont enfin électrices et se pose alors la question de leur inscription au sein des territoires communistes. Pour la période entre 1945 et 1990, certaines femmes communistes sont élues maires. Parmi elles on peut citer notamment Marie Roche, première femme maire de France élue dans la ville de Lisses en Essonne entre 1945 et 1947, Jacqueline Chonavel, maire de Bagnolet entre 1959 et 1986, ou encore Janine Jambu à Bagneux entre 1985 et 2004. Les femmes sont donc impliquées dans les banlieues et les villes rouges. En atteste le film sur Vitry en 1947, où l’on observe des femmes au sein de l’équipe municipale. Celles-ci, bien que cantonnées à des tâches de care, sont employées au sein des dispensaires, maisons de l’enfance, colonies de vacances, ou encore dans les maternités. À la fin des années 60 et au début des années 70, ces femmes sont également mobilisées au sein des maisons de la culture où elles prodiguent des cours de couture comme le montre le film « Mieux vivre à bagnolet - le débat est ouvert », réalisé par Miroslav Sebestik. Ce film souligne aussi le rôle du personnel municipal féminin en soutien aux politiques culturelles municipales.

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