Femmes militantes
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- Extraits choisis
Histoire du PCF, 1920-1930
- Madeleine Charpentier, candidate communiste aux élections législatives de 1928
Madeleine Charpentier, ouvrière de la fourrure, militante communiste et syndicaliste de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), prend la parole lors d’un meeting électoral aux côtés de Pierre Sémard et de Marcel Cachin en 1928. Elle est alors candidate dans la circonscription parisienne des Deux Portes - dans les 10e et 19e arrondissements. Cette intervention permet de souligner la lutte pour le suffrage féminin appuyée en partie par le mouvement communiste français de l’entre-deux-guerres.
Si Madeleine Charpentier n’est pas élue (la législation ne reconnaissant aux femmes ni le droit de vote, ni l’éligibilité, la préfecture refusa d’enregistrer sa candidature), le parti communiste parvient néanmoins durant cette période à faire élire quelques femmes conseillères municipales, exploitant une faiblesse juridique concernant les scrutins municipaux.
La Vie est à nous
- Discours de Martha Desrumeaux
Cette intervention de Martha Desrumaux, membre du Comité Central, est intéressante à bien des égards. Ouvrière du textile du Nord, adhérente du parti communiste depuis 1921 et militante syndicale habile, elle devient une figure identifiée nationalement dans les années 1930, notamment pour son engagement dans les mouvements de chômeurs et la marche de la faim de est la seule femme militante et dirigeante à s’exprimer dans le film. Elle sera d'ailleurs la seule femme de la délégation ouvrière présente aux accords de Matignon.
Au-delà d’une politique de la « main tendue » au féminin, son discours dans le film est typique de la période, mobilisant les qualités maternelles en tant que compétences pour structurer une lutte antimilitariste et antifasciste.
Fils du peuple
- Jeannette Vermeersch, militante... et compagne de Maurice Thorez
Cette publicité pour le livre de Maurice Thorez Fils du peuple offre une curieuse description du couple Thorez-Vermeersch.
Le film donne de Jeannette Vermeersch, pourtant militante chevronnée et exerçant des responsabilités politiques et syndicales, l'image d'une femme au foyer qui assiste son mari (elle tape le manuscrit à la machine à écrire, dans une position subalterne) et s’occupe de leur enfant, tandis que Maurice Thorez part s’occuper des affaires du parti.
Réalisé à la fin des années 1930, ce film incarne bien les attentes genrées du mouvement communiste à l’égard des femmes des militants, et, ici, des dirigeants. Elles doivent soutenir la politique du parti, mais aussi l’activité militante du mari en pourvoyant aux besoins du foyer et de la famille.
Grèves d'occupations
- De nombreuses grévistes femmes en 1936
Pendant le Front populaire, la CGT réunifiée passe de 750 000 adhérents à plus de quatre millions d'adhérents, dont 500 000 femmes quand elles étaient quelques dizaines de milliers avant le mouvement. Bien que n'ayant pas le droit de vote à l'échelle nationale, les femmes sont devenues électrices et éligibles au niveau des délégations ouvrières, les ancêtres des représentants du personnel, note l'historien Morgan Poggioli.
Dans cet extrait, on voit la forte féminisation de certains métiers : les employées des grands magasins, mais aussi les travailleuses des laboratoires de cinéma.
Femmes françaises
- Le 1er Congrès de l'Union des Femmes Françaises (UFF)
Réalisé au sortir de la guerre, ce film montre le premier congrès de l’UFF, organisé sous l’égide de Bertie Albrecht et de Danielle Casanova, martyres de la résistance.L’hommage qui leur est rendu, de même que l’allocution de Claudine Michaut, militante qui a impulsé les comités féminins de résistance, octroie aux femmes communistes un rôle de premier plan dans la lutte contre l'occupant.
Inauguration de l'exposition de la Renaissance Française à Saint-Denis
- Le stand de l'UFF
L’exposition de la Renaissance Française se tient à Saint-Denis en 1945. Cet extrait est dédié au stand de l’union des Femmes Françaises de la ville : il met en avant les figures de femmes tombées pendant le conflit telles que Danielle Casanova, Mai Politzer, Yvette Feuillet, ou encore Rosa Blanc. Le stand montre par ailleurs certaines réalisations du groupe comme du tricot, de la couture, mêlées aux revendications communistes « à travail égal, à salaire égal », ou encore « la femme doit avoir accès à toutes les places, tous les emplois, toutes les charges, toutes les dignités ».
Congrès international des femmes
- Un discours familialiste
Les militantes de la Fédération démocratique internationale des femmes visitent une crèche dans le cadre du congrès international de Moscou de 1946. On observe ici une incarnation parfaite du discours familialiste porté par le mouvement communiste international.
2ème Congrès de l'UFF
- Des mots d'ordre où se croisent le familialisme et les luttes internationalistes et anticoloniales
Ce film montre le deuxième congrès de l’UFF en 1946. Il met en avant le familialisme du parti pour les femmes : celles-ci sont montrées comme des travailleuses aux profils divers (ouvrière, employée, institutrice, agricultrices), mais avant tout comme des mères de famille.
Il permet aussi d’apprécier l’ensemble des revendications pour les femmes portées par le mouvement communiste d’après-guerre : lutte contre la vie chère, lutte antimilitariste, mais aussi et surtout lutte anticoloniale. Le film montre en effet une femme algérienne voilée, une déléguée indochinoise et leur donne la parole lors d’interventions.
2ème Congrès de l'UFF
- Les figures héroïques, de Louise Michel à Bertie Albrecht
Le défilé de l’UFF permet de se pencher sur une autre figure féminine fréquemment mobilisée par le mouvement communiste de l’entre-deux-guerres, Louise Michel. Celle-ci, figure de proue de la Commune de Paris, est vue comme la femme populaire en lutte par excellence. Associée à un poème de Victor Hugo dans le film, sa mention sert par ailleurs ici une rhétorique familialiste.
Les portraits de deux autres figures tutélaires, Bertie Albrecht et Danielle Casanova, servent à exalter l'engagement des femmes communistes dans la Résistance.
Vitry cité laborieuse
- Au service de l'enfance
Ces extraits mettent en scène les femmes au sein de la municipalité de Vitry. Celles-ci sont cantonnées à des tâches de soin, liées à la maternité et à l’enfance, notamment au sein des dispensaires ou des colonies de vacances municipales.
Journée internationale des femmes
- Le soutien aux luttes des peuples colonisés
Organisée chaque mois de mars, la Journée Internationale des Femmes est l’un des évènements les plus importants pour mobiliser parmi les femmes au sein du mouvement communiste.
Ce défilé de 1947 montre le défilé des femmes communistes : aux figures des martyres de la Résistance se mêlent des revendications pour les femmes colonisées, notamment en Indochine, dont le parti communiste français soutient la lutte pour l'indépendance. Par ailleurs la banderole « Tunisie » rappelle la situation des femmes au sein d’autres territoires colonisés.
1er mai 1951
- Un défilé de guerre froide
Ce défilé du premier mai 1951 montre les cortèges de l’Union des Femmes Françaises et de l’Union des Jeunes Filles de France, organisations de masse féminines. Le comité national de cette organisation défile derrière l’égide de Danielle Casanova, mais aussi sous celle de Jeanne d'Arc, convoquée ici comme figure de résistance dans le contexte de guerre froide.
Le durcissement de la situation mondiale se lit dans les banderoles qui réclament la paix, sur un ton parfois dramatique (ainsi les enfants demandant "Papas, mamans, protégez-nous, nous voulons vivre"), ainsi que dans la mise en avant de la figure d'Henri Martin, figure de la lutte contre la guerre d'Indochine.
Mieux vivre à Bagnolet, le débat est ouvert
- Le rôle des femmes dans les politiques sociales et culturelles des villes
Réalisé au début des années 1970, ce film met en avant les avancées sociales et les mutations urbaines dans la municipalité communiste de Bagnolet, alors dirigée par Jacqueline Chonavel, rare figure de femme maire d'une grande ville.
Il souligne le rôle des femmes dans le personnel municipal en soutien des politiques culturelles et des politiques sociales, à travers leur rôle en tant que bibliothécaires municipales ou assistantes sociales. Ces politiques culturelles peuvent aussi bénéficier aux femmes de classes populaires au sein de la ville : le film montre des cours de couture au sein d’une maison de quartier bagnoletaise et précise que le centre social adapte son offre en fonction des besoins des habitantes et des habitants.
Vivre mieux, changer la vie
- L'ambivalence des revendications concernant le travail des femmes
A travers le personnage de Georgette et le discours de son mari, on retrouve la position du parti communiste : s’il revendique l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, il reste attaché aux politiques familialistes mises en place depuis la Libération et soutient le modèle des allocations familiales, et non celui d’un salaire qui serait attribué à la femme au foyer. Malgré la visibilisation des revendications de la seconde vague du féminisme dans les années 1970, il n’y a pas de réelle inflexion de ce discours familialiste du côté du PCF.
Grandin, les raisons d'une victoire
- Une lutte érigée en étendard face à la désindustrialisation
Les célébrations qui entourent la reprise du travail après de longs mois de grève des ouvrières de l'usine Grandin de Montreuil traduisent un investissement considérable des élus locaux communistes dans cette lutte.
La victoire des "Grandin" est utilisée pour démontrer la viabilité du projet politique et économique porté par le Programme Commun de la gauche. Dans un contexte de défiance face au pouvoir giscardien et au début de la désindustrialisation, les élus veulent montrer la reprise de l’activité des Grandin comme preuve qu’une alternative aux fermetures est possible.
Reprise des cartes à l'usine Danone du Plessis-Robinson
- Le PCF, outil de lutte face à la désindustrialisation
Quelques ouvrières et un militant communiste discutent devant l’usine Danone. Ils évoquent les obstacles à la mobilisation des ouvrières alors que l’usine traverse des difficultés. Ce film est un reflet fidèle des peurs nouvelles face à la désindustrialisation qui frappe massivement le pays et touche en premier lieu les emplois les moins qualifiés. Le parti communiste y est montré comme un outil de lutte efficace pour enrayer la fatalité.
Changer notre vie
- La pression exercée sur les femmes ouvrières à la chaîne
Dans cet extrait, les ouvrières d’Ericson décrivent les conditions de travail. Elles insistent sur les cadences, le rendement et la pression du chronomètre qui provoque des crises de nerfs et dépressions.La crise de nerfs, souffrance envisagée en tant que phénomène naturellement féminin, survenait principalement dans les ateliers féminins et touchait des ouvrières occupées au poste d’OS soumises aux cadences de la chaine : rien de "naturel" dans ce phénomène, mais au contraire le reflet de l’organisation sexuée du travail et de ses représentations.
Changer notre vie
- Les délocalisations
Les ouvrières évoquent l'absorption du groupe Ericson par Thomson en juin 1976 et la lutte déclenchée contre les nouvelles conditions d’emploi et la délocalisation du site de Colombes à Cergy-Pontoise.Ce récit met en lumière les modalités de la désindustrialisation : plan social avec des pré-retraites et des démissions encouragées, délocalisation de la production. Les déplacements du personnel sont assez répandus et offrent une flexibilité aux entreprises. Les conséquences pour les ouvrières : déstabilisation professionnelle et personnelle, avec des temps de transport allongés venant empiéter sur leur vie privée.
Les ouvrières interrogées insistent sur la difficulté, voire l’impossibilité à concilier le travail à l’usine et le travail domestique - la double journée de la travailleuse.
Elles veulent un vrai métier
- Encourager la formation professionnelle des femmes
Gisèle Moreau, membre du bureau politique et du secrétariat du PCF de 1979 à 1996, chargée des femmes, est la seule femme dans la direction du PCF en ce début des années 1980.Dans cette vidéo de 1983, elle présente ses propositions pour lutter contre le chômage féminin, faisant ainsi écho aux mesures prises par le gouvernement d’alors et le ministère des Droits des femmes. Dans le cadre de la loi sur l’égalité professionnelle, la ministre Yvette Roudy promeut l’ouverture de filières encore peu investies par les jeunes filles, formant à la maitrise des nouvelles technologies. Elle présente l’informatique comme un secteur dans lequel les femmes pourraient s’émanciper et acquérir une place semblable à celle des hommes, par la formation et l’apprentissage scolaire.
Paroles de femmes
- Un horizon bouché
En 1992, un couple habitant Saint-Ouen témoigne des difficultés personnelles après un licenciement. Michel, licencié de chez Renault, et Francine, qui lutte contre la fermeture de son usine Labinal. Ils racontent les incidences personnelles et intimes provoquées par le chômage et les craintes pour leur avenir : les disputes, l’absence de perspective, la nervosité, la dépression.
- Histoire du PCF, 1920-1930
Madeleine Charpentier, candidate communiste aux élections législatives de 1928
- La Vie est à nous
Discours de Martha Desrumeaux
- Fils du peuple
Jeannette Vermeersch, militante... et compagne de Maurice Thorez
- Grèves d'occupations
De nombreuses grévistes femmes en 1936
- Femmes françaises
Le 1er Congrès de l'Union des Femmes Françaises (UFF)
- Inauguration de l'exposition de la Renaissance Française à Saint-Denis
Le stand de l'UFF
- Congrès international des femmes
Un discours familialiste
- 2ème Congrès de l'UFF
Des mots d'ordre où se croisent le familialisme et les luttes internationalistes et anticoloniales
- 2ème Congrès de l'UFF
Les figures héroïques, de Louise Michel à Bertie Albrecht
- Vitry cité laborieuse
Au service de l'enfance
- Journée internationale des femmes
Le soutien aux luttes des peuples colonisés
- 1er mai 1951
Un défilé de guerre froide
- Mieux vivre à Bagnolet, le débat est ouvert
Le rôle des femmes dans les politiques sociales et culturelles des villes
- Vivre mieux, changer la vie
L'ambivalence des revendications concernant le travail des femmes
- Grandin, les raisons d'une victoire
Une lutte érigée en étendard face à la désindustrialisation
- Reprise des cartes à l'usine Danone du Plessis-Robinson
Le PCF, outil de lutte face à la désindustrialisation
- Changer notre vie
La pression exercée sur les femmes ouvrières à la chaîne
- Changer notre vie
Les délocalisations
- Elles veulent un vrai métier
Encourager la formation professionnelle des femmes
- Paroles de femmes
Un horizon bouché


































