BÂTISSEURS (LES)
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- Réalisateur.ice.sJean EPSTEIN, Arthur HONEGGER
- Année(s)1938 précisément
- Durée00:48:00
- FormatFilm 35 mm
- SonSonore
- CollectionCINÉ-LIBERTÉ
De la cathédrale de Chartres à l'Exposition Universelle de 1937, l'histoire du bâtiment présentée par la C.G.T.. Ce documentaire syndical est aussi un hymne à la modernité architecturale mariant lumière et béton, un plaidoyer pour des réalisations répondant aux besoin des collectivités, et une apologie du travail, même du travail le plus dur. Il débute par le dialogue écrit de deux ouvriers du bâtiment (interprétés par deux chômeurs de la profession) qui situent didactiquement, du haut d'un échafaudage de la cathédrale de Chartres, le rôle et l'importance du bâtiment dans l'histoire de France. Il s'achève par les prises de paroles successives des dirigeants des différents corps de métiers composant la fédération syndicale. Cette longue séquence finale est entrecoupée ou illustrée par des plans de chantiers et elle se termine par la vue d'une manifestation parisienne.
La visite de l'Exposition universelle donne lieu à une série de champs-contre-champs sur le pavillon soviétique et sur le pavillon allemand, pour s'achever, symboliquement, par un plan sur le pavillon soviétique. Les exemples de bâtiments collectifs modernes (présentés comme solutions à l'insalubrité, à la tuberculose, à la crise du logement et au fléau du chômage sévissant dans la profession) sont principalement situés dans la banlieue sud de Paris, tant dans des villes à directions socialistes que dans les villes à directions communistes.
Le film présente de plus d'intéressantes et rares interviews d'architectes (Le Corbusier et surtout Auguste Perret).
Les Bâtisseurs, un des trois films fédéraux de la C.G.T. produits sous le Front populaire, témoigne du dynamisme de la confédération réunifiée et de son inscription dans la nouvelle politique nationale. Sa tonalité politique paraît plus planiste et moderniste que communiste (absence de références aux luttes sociales, revendication d'une politique de grands travaux), même si la "figure" de la cathédrale est à cette époque courante au sein du vocabulaire communiste.
Les Bâtisseurs apporte également un témoignage sur les collaborations artistiques prestigieuses dont a pu bénéficier la confédération syndicale et sa Fédération du spectacle sous le Front populaire (Jean Epstein, Robert Desnos, Arthur Hoérée, Arthur Honegger...). On note un évident décalage entre les plans parfois somptueux de Jean Epstein (vues de chantiers et, surtout, de la cathédrale de Chartres) et les impératifs de la commande syndicale (le tour de parole et la présentation, hiératique et quasi-exhaustif, des délégués ouvriers).
Bien que ce documentaire syndical soit un plaidoyer original pour le modernisme architectural, les interventions finales des délégués tentent de valoriser tous les corps de métier, y compris les corps de métier traditionnels.
Générique : «La Fédération Nationale des Travailleurs du Bâtiment, des Travaux publics et des Matériaux de construction présente/ une production de Ciné-Liberté / faite en collaboration avec la Maison de la Technique/ (...) Chorale enfantine de Villejuif-Gentilly. (...) Les personnages des deux ouvriers ont été interprétés par MM. Drouin et Rose, chômeurs du Bâtiment».
Assistant à la collaboration : Pierre L. Duval
Dialogue et commentaire : Jeander
Paroles des chants : Robert Desnos
Musique : Arthur Hoérée
Hymne au travail : Arthur Honegger
Photographie : Georges Lucas et Robert Ruth
Opérateur son : Fred Benrens
Régie générale : M. Hiléro.
Intervenants : Le Corbusier, Auguste Perret, Léon Jouhaux, René Arrachart (secrétaire général de la Fédération des Travailleurs du bâtiment) et les principaux dirigeants du syndicat.
Lieux et monuments : Chartres (cathédrale de Notre-Dame-du-Raincy ?), Paris (Notre Dame de Paris, Arc de Triomphe, la Madelaine, rue de Rivoli, rue de la Paix, l'Opéra, église Saint-Augustin - Tour Eiffel, palais de Chaillot et pavillons soviétique et allemand à l'Exposition universelle de 1937, au Trocadéro), Villejuif (groupe scolaire Karl Marx conçu par André Lurçat), Boulogne-Billancourt (mairie dessinée par Tony Garnier), Maisons-Alfort (groupes scolaires Jules Ferry et Condorcet), Montrouge (centre administratif, dispensaire et centre scolaire), Clichy (l'hopital Beaujon).
Lieux de consultation: Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images, BNF
Sur fond d'un chant de travail "ohé, les gars du bâtiment", défile le générique détaillé du film.
Suit alors sur le ton de la conversation, une évocation de l'histoire de la construction au 12 ème et 13ème siècle.
Pour l'ouvrier professeur, c'est au peuple que reviennent les constructions "les seigneurs, les bourgeois, les riches payaient. Le peuple qui était trop pauvre payait de ses bras". Il stigmatise un peu les curés "ils quêtaient quoi ! réunissaient les capitaux" ajoute t-il. Il restitue la place de la religion dans la société "l'ouvrier travaillait pour gagner sa place au paradis". La cathédrale n'accueillait pas que des messes mais aussi des réunions "c'était un peu une maison du peuple". L'ouvrier en réponse aux questions naïves de son collègue décrit l'organisation des métiers du bâtiments ; la construction des cathédrales qui constitue la première expérience de travail collectif des ouvriers. "tu sais bien, commente t-il, quand on est beaucoup, qu'on est tous d'accord et qu'on veut, ça fait du vin". Il explique enfin, que ces grands chantiers ont contribué au partage de la langue française et à la mise en œuvre de nombreuses innovations "ils ont inventé le style gothique comme ça, histoire de changer de roman". La séquence montre de nombreux détails du monument : statues, gargouilles, fresques, vitraux. "même des trucs qui ne sont pas très catholiques".
La séquence s'achève par le constat que les ouvriers d'alors ressemblent à ceux d'aujourd'hui.
Contexte : 1ER EMPIRE / IIIè EMPIRE / 19ÈME SIÈCLE /
Lieux : Notre Dame de Paris / Paris / Seine / Chartres
Personnes évoquées : HAUSSMAN (Baron)
descripteurs : Chartres / cathédrale / RELIGION / Église catholique / collectivisme / architecture / château / Bourse / Arc de Triomphe / HAUSSMAN (Baron) / République / Tour Eiffel / Modern' style / Vue aérienne
Intervenant : PERRET (Auguste)
descripteurs : progrès / Paris / GUERRE / EXPOSITION UNIVERSELLE / bâtiment / métier / théâtre / architecture / PERRET (Auguste) / socialiste / mairie / taudis / Villejuif / enfance
Cette séquence est consacrée à l'architecte, Le Corbusier défenseur d'une conception "de ville de lumière et de verdure et de la ville radieuse". Plan sur la façade d'un immeuble aux larges baies vitrées.
Tandis que l'architecte poursuit son explication en off, la caméra montre l'intérieur d'un vaste logement, dotés de larges fenêtres, très aéré et ouvert sur l'extérieur. "Le Corbusier indique que ce type de construction est rendu possible grâce aux techniques nouvelles. Il parle de révolution architecturale". Sa conception dit-il, associe trois éléments indispensables à l'homme "le soleil, l'espace, les arbres". Ces trois facteurs sont "les plus éminents porteurs de joie profonde, normale en chaque être". Son propos est illustré par des images d'un immeuble de l'Armée du Salut.
Intervenants : LE CORBUSIER / ORGANISATIONS / Armée du Salut
descripteurs : AUTOMOBILE / THÉORIE / sportif / LE CORBUSIER/ Urbanisme / architecture / cité / machinisme/ rationalisme / Armée du Salut
Bancs-titres et graphiques animés illustrant les ravages de la tuberculose "maladie de la misère et surtout du taudis". Le commentaire off, indique que si soixante personnes meurent de tuberculose aux Champs-Élysées, elles sont neuf fois plus nombreuses dans le quartier parisien de Saint-Merri. Les enfants sont également victimes des taudis "131 enfants sur 1000 meurent avant un an à Belleville contre 58 aux Champs-Élysées". Une série de dessins représentant des intérieurs de logements misérables puis modernes et clairs "accompagnent la revendication de "grands travaux".
Léon Jouhaux regrette cette situation d'abord en off, et sur fond de l'emblème de la C.G.T puis de la tribune d'une réunion. Il évoque la fierté que procure la visite de l'exposition universelle de 1937. "Ceux qui ont construit cela, dit-il, sont bien les dignes continuateurs des constructeurs des cathédrales". Le syndicaliste poursuit son discours sur des images des bâtiments de l'exposition. Il loue longuement le courage, le savoir-faire des bâtisseurs dont l'œuvre doit avoir une suite. De la tribune, Léon Jouhaux démontre l'intérêt de ces grands travaux pour "l'avenir du pays". "Ils ne constituent pas un expédient, défend-il, ils sont une nécessité impérieuse si la France veut garder sa place au soleil".
Contexte : EXPOSITION UNIVERSELLE
Intervenants : JOUHAUX (Léon)
Lieux : Paris / ORGANISATIONS / C.G.T.
Descripteurs : EXPOSITION UNIVERSELLE / taudis / bâtiment/ drapeau / Tour Eiffel / Urbanisme / Paris / tuberculose / mortalité / grands travaux / progrès / croix gammée/ drapeau nazi / aigle impérial / statue / drapeau soviétique / JOUHAUX (Léon) / enfance
Une carte de France animée ouvre la séquence consacrée à la Fédération Nationale des ouvriers et employés du bâtiment. Le nom du syndicat apparaît dans toute sa longueur sur un carton. La structure hiérarchique du syndicat et son fonctionnement sont décrits niveau par niveau au moyen de graphiques animés. La voix off conclue sa démonstration en affirmant "que par sa liaison permanente de la base au sommet, la structure est essentiellement démocratique".
Organisations : C.G.T. / Fédération Nationale des ouvriers et employés du bâtiment
Descripteurs : emblème / Fédération Nationale des ouvriers et employés du bâtiment / INDUSTRIE / crise / TRAVAIL / Urbanisme / taudis / bâtiment / syndicat / métier / I.T.C. / victimes / tuberculose / mortalité / grands travaux














