ESPAGNE 1937
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- Réalisateur.ice.sRÉALISATION COLLECTIVE
- Année(s)1937 précisément
- Durée00:32:00
- ColorationNoir & Blanc
- FormatFilm 35 mm
- SonSonore
- CollectionCINÉ-LIBERTÉ
Recueil de documents évoquant chronologiquement et schématiquement l'avènement du Front populaire espagnol, son soutien parmi les masses, l'agression étrangère et la résistance militaire et civile de la République, du 6 février 1936 au second semestre 1937. Les images et le commentaire écrit et dit en français insistent sur la discipline et le courage de l'armée, l'héroïsme et le calvaire de la population madrilène bombardée, le rôle déterminant des commissaires politiques, la mobilisation des paysans travaillant dans les champs l'arme à l'épaule et celle des femmes travaillant dans les usines.
Les efforts pour la culture et l'instruction, y compris sur la ligne de front y sont rappelés. Les bombardements de Durango, Guernica et Bilbao ne sont mentionnés que par la simple inscription de leur nom derrière un rideau de flamme. (Plan d'une affiche de Charlot sur les murs de Madrid bombardée). L'identité des agresseurs étrangers n'est pas précisée (sauf par un plan de carton de munitions italien) et aucune allusion n'est faite aux profondes divergences politiques au sein des forces soutenant la République.
Cette version destinée à l'opinion française présente la plupart des positions du P.C.F. sur le conflit espagnol. L'évocation des « agitateurs suspects » et des « provocateurs » déclenchant des grèves selon un plan minutieux est très certainement dirigée contre les anarchistes ou les poumistes alors amalgamés aux rebelles franquistes. Il est en outre précisé que les rebelles ne respectent ni les églises ni les monuments historiques. Souvent attribué à Luis Bunuel (à ce moment commissaire culturel de la République à Madrid), Espagne 1937 fut postérieurement revendiqué par Jean-Paul Dreyfus (Jean-Paul Le Chanois) qui eut certainement une part déterminante dans sa réalisation.
Images de : Roman Karmen, Alain Douarinou et opérateurs espagnols
Montage : Jean-Paul Le Chanois (Jean-Paul Dreyfus)
Commentaire : Pierre Unik (commentaire espagnol : Juan Vicens*)
Chef de production : Luis Bunuel
Production : Alianza de Intelectuales Antifascistas para Film Popular, Madrid-Paris (Parti Communiste Espagnol)
Distribution française : Ciné-Liberté
Musique : Fragments des Symphonies 7 et 8 de Beethoven.
Personnalités : Alcala Zamora (président de la République avant la victoire du Front populaire), Martinez Barrio (président provisoire de la République), Companys (président de la généralité de Catalogne), Manuel Azana (président de la République), général Miaja, (Francisco) Anton (commissaire politique).
Lieux et monuments : Madrid (Cortès), Brihuega, Tolède (Alcazar), Trijuegue.
Note :
Ce film a été régulièrement confondu avec un autre titre Espagne 1936. la réalisation en était attribuée indistinctement à Jean-Paul Le Chanois, Pierre Unik et Luis Bunuel.
Le film Espagne 1936 réalisé par Jean-Paul Le Chanois et supervisé par Luis Bunuel, entre la fin de 1936 et le début de 1937 fut projeté pour la première fois le 6 avril 1937**. il est plus connu et a été davantage diffusé que le film Espagne 1937. D'après Roman Gubern, celui-ci a été réalisé entre novembre 1937 et février 1938 (déduction faite de sa sortie française la deuxième semaine de février 1938). De grandes similitudes esthétiques et narratives existent entre les deux films, à commencer par leur lien avec le sous-secrétariat à la propagande de la République Espagnole à l'ambassade de Paris dirigé par Luis Bunuel.
Cependant, certaines différences sont notables entre les deux films, dues pour partie à l'évolution de la guerre. Ainsi, selon Marien Gomez Rogriguez***, Espagne 1936 contient des passages d'une grande charge poétique, notamment un final poignant dénonçant l'atrocité de la guerre (cadavres d'enfants).
A la différence d'Espagne 1937 qui ne contient aucune image de cadavre et dont le ton plus précipité évoque avec insistance le dénuement militaire tout en tenant bon la corde de l'espoir. La guerre ayant pris un tour très dur (luttes hégémoniques entre forces politiques au sein du camp républicain et mise en faiblesse des forces républicaines), ces partis-pris différents cherchaient sans doute alors à éviter toute atteinte au moral des troupes tout en appelant à la solidarité internationale en faveur des Républicains.
* D'après Roman Gubern (in : "GUBERN, Roman ; HAMMOND, Paul. Los años rojos de Luis Buñuel. Catedra. 2009");
** ORY, Pascal. La belle Illusion. Culture et politique sous le signe du front Populaire, 1935-1938. Plon. Paris, 1994.p.563
*** GOMEZ ROGRIGUEZ Marien. "La Guerre civile espagnole à travers les archives de Ciné-Archives". Sous la direction de Jean-Pierre Bertin-Maghit, Janvier 2012
Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives Françaises du Film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images.
Alcala Zamora est élu président de la République, on l'aperçoit à l'image ainsi que de nombreux personnages politiques (Après la victoire du Frente Popular en 1936, la décision de dissolution des Cortes sera finalement jugée illégale par le Congrès qui procèdera à la destitution d'Alcalá-Zamora et élira à sa place Manuel Azaña.)
Les conseillers sont restitués : manifestations, foule importante, personnes dans les arbres regardant la manifestation, mouchoirs blancs agités en signe de joie.
Suite à l'élection de Manuel Azana comme président de la république, manifestation, images d’hommes politiques, de foules et défilés de l'armée ainsi que des forces aériennes à l’occasion de la célébration de cette élection.
Début des combats du siège de Madrid, batailles dans les rues, accompagnés de départ d'hommes au combat en ville comme à la campagne. Également images de paysans labourant leur chant avec leur fusil.
Divers cartons présentent les villes prises.
Carton : 6 novembre (début du siège de Madrid)
Nombreuses scènes de combats lors du siège, nombreuses images de destruction.
Les villages et les églises sont également détruits.
Distribution de journaux dans les tranchées.
Divers commissaires politiques font des discours devant l'armée.
Image de destruction de la ville de Brihuega. Également, le narrateur décrit les destructions Trijueque et Torija mais rien ne prouve qu’il s’agît bien de ces villes.
La caméra arrête sur des armes abandonnées par les nationalistes au bord de la route, une inscription sur une boite indique qu’il s’agît d’armes en provenance de l’étranger.
3 Cartons : Durango, Guernica, Bilbao Une flamme passe en surimpression sur ces cartons.
Des enfants et des jeunes filles posent pour la camera.
Défilé de soldats de l’armée populaire, des cavaliers posent lors de la revue du général José Miaja Menant chef des armées du centre et sous les yeux du commissaire politique du même secteur Anton.














