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BONJOUR CAMARADE
    • Genre
    • Documentaire
    • Année
    • 1965
    • Coloration
    • Noir & Blanc
    • Son
    • Sonore
    • Durée
    • 00:25:00
    • Réalisateur
    • Paul CARPITA
    • Format original
    • Film 16 mm
  • Réalisé à l'initiative de la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, "Bonjour camarade" questionne l'engagement communiste de deux nouveaux militants : madame Calvet et Michel.

    Le film s'ouvre sur une réunion de remise de cartes d'adhérents au PCF dans une cellule du quartier de la Rose à Marseille. Tomasi, le secrétaire de cellule, souhaite la bienvenue à madame Calvet et à Michel.

    Une longue séquence est ensuite consacrée à madame Calvet : en off, un homme l'interroge sur les raisons de son entrée au PCF. Madame Calvet explique que ses sympathies communistes sont très anciennes : elle évoque ses souvenirs d'enfance du Front populaire, illustrés par des photographies ou des unes de journaux. Elle poursuit sur la montée du fascisme, la Seconde Guerre mondiale et la Résistance. Sur des photographies de prisonniers de camps, de blessés, de morts, la voix de Madame Calvet rappelle les atrocités de la guerre pour souligner l'importance des communistes dans la Résistance. Quelques plans reconstituent une attaque de résistants dans la garrigue. Madame Calvet continue son récit et évoque l'action de Jean Cristofol, maire communiste de Marseille qui a œuvré à la reconstruction de la ville à la Libération. L'exemple de Martigues, où Madame Calvet dit avoir vécu, est avancé pour montrer les bienfaits d'une administration communiste : une série de plans décrivent les nouvelles constructions (immeubles, infrastructures scolaires).
    Bien que son mari, Jean, soit communiste de longue date, madame Calvet confie avoir longtemps hésité avant d'adhérer. Mère de famille (elle apparaît en train de donner le petit-déjeuner à ses trois enfants), elle craignait le « sacrifice » que demande la vie militante. Elle a franchi le cap après que des militants lui ont fait signer une pétition contre la fermeture de la classe de son fils. Madame Calvet affirme être très contente de son choix. Elle évoque la lecture de "Fils du peuple", qui a été particulièrement instructive. Quelques plans d'un discours de Waldeck Rochet devant les militants de la fédération des Bouches-du-Rhône rappellent une échéance électorale : la présidentielle du 5 décembre 1965. Madame Calvet soutient le rapprochement entre communistes et socialistes, ce qui est illustré par un meeting pour l'union des forces de gauche. Pour finir, Madame Calvet raconte sa première réunion de cellule, au cours de laquelle elle a préparé une soirée « poètes et Résistance ». C'est finalement pour assurer « un avenir heureux » aux enfants qu'elle est communiste.

    La dernière partie de "Bonjour camarade" est focalisée sur Michel, un apprenti plombier de 17 ans qui habite le quartier Saint-Antoine à Marseille. Sur des images d'un groupe jeunes dansant puis jouant au baby-foot, Michel, en voix off, répond aux mêmes questions que celles posées précédemment à madame Calvet. Michel mentionne différents centres d'intérêts, au premier rang desquels la chasse. Il a adhéré au PCF après avoir assisté en tant que délégué au Rassemblement de la jeunesse à Paris. Quelques plans montrent les participants lors d'un grand meeting en compagnie de Waldeck Rochet et des cosmonautes russes Valentina Terechkova et (vraisemblablement) Youri Gagarine. Michel se remémore ensuite sa première réunion de cellule. Il raconte avoir assisté à Marignane à une cérémonie d'accueil d'une délégation venue du Vietnam.
    Michel apparaît enfin allongé sur son lit fumant et écoutant un disque ; en off, il explique ce que le Parti lui apporte et conclut le film par ces mots : « je crois que le Parti m'a appris l'amour de la vie, le respect de l'homme, la fraternité ». L'ultime plan du film est un enfant qui rit.

    Commandé par la fédération des Bouches-du-Rhône, "Bonjour camarade" est un documentaire assez didactique destiné à valoriser l'engagement communiste pour inciter à l'adhésion. Le film vise deux catégories de la population auprès desquelles le PCF espère accroître son influence : les femmes et les jeunes. Madame Calvet et Michel incarnent donc deux modèles à suivre.
    "Bonjour camarade" permet également de relayer les orientations politiques prises par Waldeck Rochet, nouveau secrétaire général du PCF après la mort de Maurice Thorez en 1964. C'est l'union de la gauche qui est désormais défendue, en vue de l'élection présidentielle du 5 décembre 1965, où François Mitterrand se présente comme candidat unique de la gauche. Autre sujet d'actualité évoqué dans le film : la guerre du Vietnam, qui commence dès 1964 et s’accentue en 1965.
    On peut enfin remarquer que le film permet de promouvoir l'action communiste dans les Bouches-du-Rhône par l'évocation des municipalités communistes, passées ou actuelles. Martigues est à cet égard bien mise en exergue. Au milieu des années 1960, l'influence communiste reste très importante à Marseille et aux alentours : forte de bons résultats électoraux, la fédération des Bouches-du-Rhône est alors puissante.

    Au début des années 1960, l'engagement communiste devient un sujet cinématographique dans les réalisations initiées par le PCF : Un pas de plus et j'adhère au parti communiste (Gérard Guillaume, 1963) en est un autre exemple.

    Paul Carpita (1922-2009), qui a coréalisé Bonjour camarade, a mené tout au long de sa vie une carrière de cinéaste militant. Marseillais d'origine, entré au PCF pendant la guerre, il devient instituteur à la Libération. Parallèlement à son activité professionnelle, Paul Carpita mène différents projets cinématographiques, en amateur, avec un groupe d'amis militants, dont fait partie Florent Munoz, crédité au générique de la coréalisation de Bonjour camarade. Au début des années 1950, Paul Carpita réalise un long métrage de fiction, le Rendez-vous des quais. Censuré en 1955, perdu puis retrouvé au début des années 1990, ce film donne à Paul Carpita une reconnaissance critique et publique qui lui permet de réaliser deux longs métrages dans des conditions professionnelles : Les sables mouvants en 1996 puis Marche et rêve ! Les homards de l'utopie en 2002.

    Réalisation : Paul Carpita et Florent Munoz
    Image : Albert Sustère
    Musique : Gluck (Symphonie en sol majeur)
    Production : Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF ; Renaissance film

    Lieux : Bouches-du-Rhône, Marseille, Martigues, Marignane
    Mots clés : PCF, fédération, cellule, réunion, remise de cartes, manifestation, rassemblement, adhésion, communisme,communiste, militant, militantisme politique, - Front populaire, Seconde guerre mondiale, Résistance, maquis, Reconstruction, unité, municipalité communiste, Guerre du Vietnam, élection présidentielle, cosmonaute - Femme, jeune, enfant, jeunesse
    Personnalités : Waldeck Rochet, Valentina Terechkova, Youri Gagarine, Jean Cristofol


    Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images
  • tc intc outduréedescriptionmots clés
    00:00:00:0000:01:19:0000:01:19:00Cérémonie de remise de cartes : Gros plan sur un panneau manuscrit devant une maison très fleurie : « P.C.F. Quartier de la Rose, dimanche 18 à 15 heures remise des cartes ». Zoom avant sur les participants. Discours du secrétaire de la cellule, Tomasi. Il souhaite la bienvenue à deux nouveaux adhérents : Mme Calvet, une fidèle lectrice de la presse communiste, et Michel, jeune plombier de 17 ans. Ils sont applaudis. Zoom avant sur le visage attentif de Mme Calvet.  
    00:01:19:0100:11:55:0000:10:35:24Madame Calvet, les raisons d'une adhésion au PCF: Le titre du film apparaît sur un plan rapproché de Mme Calvet chez elle entourée de ses enfants. Générique. -- On suit ensuite madame Calvet au marché, dans la rue ; quelques plans sur la foule, les passants. En off, un homme demande à madame Calvet pourquoi elle a adhéré au PCF. Elle commence sa réponse en rappelant que, comme un Français sur quatre, elle a toujours été une sympathisante communiste. Madame Calvet se lance alors dans un long récit en voix off, illustré par des bancs titres photos, des unes de presse et des images d'archives. Tout commence pour elle à 6 ans, en 1936, au moment du Front populaire. Apparaissent des photographies des grévistes devant une usine, de manifestations. Fille d'un docker à Marseille, madame Calvet se rappelle du jour « où les travailleurs sont devenus des hommes », et de ses premières vacances : un plan montre un train à vapeur. Elle évoque les avancées du Front populaire, pour les enfants ou les personnes âgées... « Mais ça n'a pas duré. » S'ensuit une évocation de la montée du fascisme, notamment par des images de cérémonies nazies. -- Vient ensuite la guerre. Ses atrocités sont rappelées par des photographies de prisonniers, de morts, de blessés. Selon madame Calvet, « les premiers coups ont été pour les communistes, puis pour les juifs, puis tous ceux qui refusaient de se soumettre ». Elle mentionne un voisin, puis son institutrice communiste, arrêtés et tués. Quelques plans reconstituent une fusillade de jeunes résistants. Madame Calvet insiste sur l'implication des communistes dans la Résistance. Reconstitution d'une attaque de résistants dans la garrigue. -- Madame Calvet poursuit son récit avec la Libération, période de reconstruction : « Les communistes se sont mis au travail (…) ils ont toujours été des constructeurs ». Plans d’hommes pelletant des gravats à Marseille puis d’un groupe posant en souriant devant des ruines. Apparaît à l’image Jean Cristofol, le maire communiste élu à Marseille à la Libération. -- Madame Calvet s'attarde ensuite sur une commune emblématique des bienfaits de l'administration communiste : Martigues. Différents plans montrent les réalisations : immeubles d'habitation, écoles, collèges, lycée technique. Après avoir vécu à Martigues, madame Calvet raconte être revenue à Marseille où elle a pu faire construire une maison sur un petit terrain reçu en héritage. -- On voit madame Calvet qui accueille Jean, son mari cheminot, à l’entrée du pavillon, puis le couple discutant pendant que Jean bricole. En off, madame Calvet confie avoir longtemps hésité avant d'adhérer au PCF : elle avait peur que le sacrifice soit trop important. Plan sur madame Calvet qui fait petit-déjeuner ses trois enfants. 
    00:11:55:0100:17:15:0000:05:19:24Madame Calvet, l’adhésion : 
Finalement, madame Calvet se décide à adhérer à la suite de la visite de trois militants, dont une femme, qui lui font signer une pétition contre la fermeture de la classe de son fils. Devenue communiste, madame Calvet est très contente et se sent proche des milliers d'autres femmes militantes : à l’image, des femmes chercheuses en laboratoire. Madame Calvet mentionne la lecture de la biographie de Maurice Thorez, Fils du peuple, qui lui a ouvert les yeux sur l'histoire de France des dernières décennies. Elle affirme être pour l'unité entre socialistes et communistes : « Rien ne sépare un socialiste d'un communiste, rien de grand ne s'est jamais fait dans ce pays sans leur union ». -- Différents plans de manifestation, d’un meeting de Waldeck-Rocher organisé par la fédération des Bouches-du-Rhône, d’un rassemblement dans des Arènes. En off, un extrait d’un discours de Waldeck-Rochet qui affirme la nécessité de l'union de la gauche et rappelle qu'une élection présidentielle est prévue le 5 décembre. --
Pour finir, madame Calvet se remémore sa première réunion de cellule. Les camarades « l'ont mise à l'aise » et elle a préparé avec eux une soirée « poètes et résistance ». Pendant la réunion, madame Calvet écoute avec ses camarades un poème d'Aragon sur un magnétophone. Elle conclut : « Au fond, c'est pour les enfants que j'ai adhéré au Parti » «Toutes les mères sympathisantes devraient adhérer au Parti. C'est le seul moyen d'assurer à leurs enfants un avenir heureux ». 
    00:17:15:0100:24:38:0000:07:22:24Michel, les raisons d'une adhésion: Sur des images de danseurs de rock et de joueurs de baby-foot, Michel se présente rapidement en off comme un jeune de 17 ans, apprenti plombier, habitant le quartier Saint Antoine à Marseille. Il dit aimer la chasse : Michel apparaît à la chasse sur les hauteurs de Marseille. On le voit ensuite tenter de draguer des jeunes filles sur un banc, puis sur sa mobylette entouré d'amis. En off, il se plaint du manque d'infrastructures pour les jeunes. Michel explique qu'il n’a pas pu être tourneur en raison du trop grand nombre de demandes. Gros plans sur de jeunes tourneurs en train de travailler. Michel répond alors à la question : pourquoi avoir adhéré ? Il croisait des jeunes militants de son âge, qui apparaissent en train de vendre des revues dans la rue. En off, Michel dit avoir été au départ « attiré » mais « intimidé » par le Parti. Le tournant a pour lui été le Rassemblement de la jeunesse à Paris. Il y a assisté en tant que délégué et c’est pour lui un souvenir inoubliable. Des plans montrent un rassemblement avec Waldeck-Rochet et les cosmonautes soviétiques Valentina Terechkova et (vraisemblablement) Youri Gagarine ; les jeunes applaudissent à tout rompre. Lors de sa première réunion de cellule Michel a compris l'importance et la profondeur du Parti. Il a participé à l'accueil d'une délégation vietnamienne à Marignane : la protestation contre la situation au Vietnam est pour lui une cause incontournable. Zoom avant sur Michel qui fume, couché sur son lit. A la question « Qu'est-ce que le parti t'apporte ? » il répond : « Je sais pas, peut-être une plus grande confiance en moi-même ». « Je crois que le Parti m'a appris l'amour de la vie, le respect de l'homme, la fraternité. » -- Le film s'achève sur un petit garçon qui joue et rit. 
  • 1936-1938 Front populaire - 1939-1945 Seconde Guerre mondiale - Adhésion et remise de carte (militantisme) - Aragon Louis - Banlieues rouges, « communisme municipal » - Bouches-du-Rhône (13) - Carpita Paul - Communisme - Conquêtes sociales (congés payés, retraites, pouvoir d'achat...) - Cristofol Jean - Grève - Marseille (13) - Martigues (13) - Militantisme - Mouvement de jeunesse - Reconstruction (suite à conflit armé) - Ruine (guerre) - Résistance - Vietnam