LIP, RÉALITÉS DE LA LUTTE
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- Sous-titreA L'HEURE DES LIP
- Réalisateur.ice.sAlain DHOUAILLY
- Année(s)1973 précisément
- Lieu(x)Besançon (25)
- Durée00:32:00
- ColorationCouleur
- FormatFilm 16 mm
- SonSonore
- CollectionUNICITÉ
En 1973, les ouvriers de l’entreprise horlogère Lip, à Besançon, se mobilisent contre le démantèlement de leur usine et les licenciements annoncés. À partir de la grande manifestation du 29 septembre, Lip, réalités de la lutte revient sur les origines du conflit, les négociations avec le patronat et le gouvernement, ainsi que sur les différentes formes d’action mises en œuvre par les travailleurs, de la mobilisation populaire à la fabrication et à la vente de montres pour assurer le paiement des salaires. Le film suit les événements jusqu’au 20 octobre, au moment où les négociations sont rompues.
La réalisation du film s’inscrit dans un contexte de tensions autour de la représentation de la lutte de Lip. Dès les premiers jours de la lutte en juin 1973, Michel Mourbon, membre de l’équipe du Crepac-Scopcolor, filme les événements en vidéo, tandis qu’une équipe envoyée par Roger Louis réalise également des prises de vues en 16 mm. Ces images, tournées au fil de la lutte, sont d’abord destinées à être montées dans un numéro de Certifié exact, le magazine filmé de Scopcolor. Le projet évolue cependant vers un film autonome, Puisqu’on vous dit que c’est possible, monté par Chris Marker à partir de ces matériaux hétérogènes.
Le montage de Marker, qui met en avant l’initiative ouvrière et les liens entre différentes luttes, suscite des réserves du côté de la CGT et du Parti communiste, qui jugent que le film accorde une place insuffisante à leur action. La CGT décide alors de produire son propre film, confié à Alain Dhouailly et produit par Unicité dans le cadre de la série Documents et action syndicale. À travers les prises de parole de ses militants et responsables, Lip, réalités de la lutte défend une autre lecture du conflit et insiste sur le rôle de l’organisation syndicale dans la conduite du mouvement. Les deux films témoignent ainsi des débats qui traversent la lutte de Lip, mais aussi des enjeux politiques liés à sa représentation cinématographique.
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Production : UNICITÉ (dans la série « Documents et action syndicale )
Visa : 42208
Distribution : UNICITÉ
Directeur de production : Anne-Marie Roy
Images : Charles Bitsch et Frédéric Variot
Montage : Christiane Lack
Son : Alix Comte
Musique : György Ligeti
Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images, BNF
Les médias et l’information ne son pas en adéquation avec le conflit.
Après six mois de luttes, les travailleurs de Lip se heurtent à l’intransigeance du patronat et du gouvernement. Le temps presse.
Manifestation sous la pluie. Banderoles : « Non aux démantèlements, aux licenciements » ; « Union départementale des Yvelines » ; « CFDT Lip »
Présentation de l’usine : 600.000 montres produites par an, appareils mécaniques de précision, machines-outils.
1300 personnes : personnel hautement qualifié et une centaine d’ingénieurs et techniciens.
85% de la production horlogère française est fabriquée dans le Doubs. La France représente 7% de la production mondiale de montres.
Avant 1967 l’usine appartenait, pour la plus grande part, à la famille Lip. En 1987, une Société suisse, Ebauches SA, acquiert 33% du capital. En 1970 elle détient 43% et aujourd’hui elle a 60%.
La crise débute en avril 1973. [Jacques Saintesprit] PDG de Lip donne sa démission et la société est mise en liquidation.
Interviewé Bernard Humbert, P2, syndicat Lip CGT et Claude Curty, secrétaire général de l’UD du Doubs (CGT).
« Il s’agissait d’un plan élaboré de longue date… fondamentalement il s’agissait d’une gestion délibérée visant à vider l’entreprise de son contenu industriel pour en faire une simple usine de montages dans l’intérêt d’Ebauches SA et du pool bancaire dont le chef de file est la BNP »
Soutien des travailleurs de toute la France.
Créer un climat de violence pour discréditer la lutte des Lip. Changement de local pour continuer l’action
Organisation durant le conflit : système de commissions : commission nettoyage, contrôle de personnel, de la presse, rapports avec Besançon
Prise de conscience des travailleurs de chez Lip et sur le plan national
« Où en sommes-nous dans notre lutte ? Elle est certes très difficile ? S’il en est ainsi c’est parce que nos revendications mettent directement en cause la politique du VI° Plan, celle qui concentre l’industrie, celle qui ferme les usines, celle qui sacrifie des régions entières, celle qui accroît le chômage… Évidemment il y a pas mal de donneurs de leçons qui gravitent autour de nous et certains nous disent il faut aller jusqu’au bout. Bien sûr que nous irons jusqu’au bout. Mais au bout de quoi ? Du système capitaliste ? Alors cela les Lip ne pourront pas le faire seul et d’un seul coup. C’est avec vous tous et ensemble que nous le ferons. Nous avons déjà commencé en mars dernier, lors des élections législatives avec les 46% des voix sur le programme commun…. Il est possible que nous n’ayons pas satisfaction totale de nos revendications. C’est le cas d’ailleurs de toutes les luttes ouvrières. De toute façon notre adversaire, le patronat et le gouvernement, sortiront affaiblis de cette bataille ; Nous, chez Lip, nous irons jusque là où nous pourrons et devrons aller dans la mesure où nous serons le plus grand nombre, dans la mesure où nous serons unis, dans la mesure où des solutions acceptables nous permettrons de reprendre le travail la tête haute et fiers de notre lutte. Nous voulons sauvegarder nos forces pour les luttes futures… ».
Dans la foule écoutant le discours, banderoles : « CGT EDF GDF Direction régionale Paris » « CFDT ».
Au cours d’une assemblée générale du personnel, un vote fut fait sur les dernières propositions patronales, vote dont la CGT a contesté la validité compte tenu des conditions de son déroulement, mais vote qui fournit au gouvernement le prétexte inespéré d’une rupture.
« Est-ce qu'on ne peut pas dire que ce conflit traduit une phase nouvelle dans l'évolution du capitalisme ? Si, je crois que l'on peut dire ça, et je crois que parce que ça traduit une phase nouvelle dans l'évolution du capitalisme, c'est une des explications à la résistance forcenée du gouvernement pour essayer de trouver une solution. Les travailleurs de chez Lip, par leurs luttes, ont obtenu un certain nombre de résultats. Par exemple, au début, il était question de 553 licenciements. On en était arrivé le 9 octobre à 131 travailleurs à reclasser. Deuxièmement, ils avaient obtenu préalablement que l'usine ne soit pas démantelée. Troisièmement, ce qui est important, c'est que dans cette période de restructuration industrielle, et par conséquent de tendance à la fermeture des entreprises parce qu'il y a des regroupements, des concentrations, les travailleurs de chez Lip avaient obtenu que l'entreprise soit rouverte. C'était un succès extrêmement important et nous soupçonnons fort le gouvernement de résister à la désignation d'un autre négociateur parce que un exemple de réouverture d'entreprise dans cette période de restructuration, donc de fermeture, serait sans doute pour lui un mauvais exemple, et c'est pourquoi, nous allons nous -même d'autant plus développer d'efforts pour obtenir ce résultat »














